Manger moins gras ferait-il grossir ?

Pour les autorités de santé et dans les publicités dans les médias, le message est clair : mangez moins gras, moins salé, moins sucré. Pourtant, aucune étude n’a démontré qu’éliminer les aliments dit « gras » fasse maigrir.

Pire, les Français mangent moins gras depuis plusieurs années et pourtant le taux d’obésité dès le plus jeune âge ne cesse d’augmenter.

Mais alors, quel est le coupable si ce n’est pas le gras ?

C’est dans les années 60 que l’idée « manger gras rend gras » à vue le jour. De là, les pouvoirs publics ont conseillé à la population de consommer des féculents (sucres lents) à tous les repas et de réduire leurs apports en matière grasses. Il est donc apparu tout un tas de produits allégés en matières grasses. Il y en a pour tous et à tout les gouts…

Pourtant, les études scientifiques  démontrent le contraire et certaines autorités de santé font évoluer leur position ce qui n’est pas le cas pour la France.

En Suède, les experts du Conseil suédois pour l’évaluation des technologies de la santé ont rendu un rapport intitulé « traitement nutritionnel de l’obésité » le 23 septembre dernier dans lequel ils réhabilitent les régimes pauvres en glucides afin de perdre du poids. En effet, pour ces experts, loin d’être déséquilibrés, ces régimes améliorent certains marqueurs tels que la glycémie, les triglycérides et le cholestérol.

Il est vrai que nous nous référons souvent à l’énergie que consomme le corps pour fonctionner environ 2000 calories/jour pour une femme et 2500 pour un homme.

Partant du principe que :

  • 1 gr de protéines apporte 4 kilocalories,
  • 1 gr de glucides apporte 4 kilocalories,
  • 1 gr de lipides apporte 9 kilocalories,

il semble évident que pour maigrir il faudrait bruler plus de calories que l’on en apporte et réduire en particulier les aliments gras.

Seulement, les résultats d’une telle pratique sont désastreux en France :

  • La prévalence de l’obésité augmente régulièrement,
  • Le poids moyen de la population à augmenté de 3,6 kg,
  • Un français sur deux présente un poids trop élevé,
  • Plus d’un sur trois a trop de graisse abdominale facteur de risque connu du diabète de type 2 et des maladies cardiaques,
  • Si la tendance ne s’inverse pas, en 2020 on pourra compter 30% d’adultes obèses.

La raison de cela est très simple. L’apport de glucides provoque une augmentation du taux de sucre dans le sang ce qui amène le pancréas à produire de l’insuline afin de faire baisser ce taux de sucre. Le foie viendra ensuite avec ses enzymes transformer en glycogène ce surplus de sucre qu’il stockera dans le foie, dans les muscles (en fonction de notre activité physique) et dans les cellules adipeuses (sous forme de triglycérides). C’est ce processus qui fait grossir.

Donc plus vous mangez de glucides plus vous stockez.

En effet, tous les pays qui ont conseillés de remplacer les graisses par les glucides ont connu une augmentation de l’obésité.

Pourtant, des recherches confirment l’intérêt des graisses et le danger des glucides. Des comparaisons ont été faites sur deux types de régime l’un pauvre en graisses et riche en glucides et l’autre riche en graisses et pauvre en glucides. L’apport calorique est finalement identique, ces deux méthodes sont efficaces mais, à long terme, le régime pauvre en glucides est plus efficace. La sensation de faim est diminuée, le poids stabilisé et la santé des personnes améliorée notamment au niveau des marqueurs de risque cardiovasculaire comme les triglycérides.

Deux études publiées dans « l’Américan Journal of Clinical Nutrition » et le « British Medical Journal » révèlent que les graisses saturées ne sont pas dangereuses pour le cœur car elles sont peu sensibles à l’oxydation ce qui les rend très stables à la chaleur et moins susceptibles de produire des composés cancérigènes. L’huile de coco, de palme, la graisse d’oie ou le beurre clarifié sont donc idéales pour des cuisson à feu vif.

Les graisses hydrogénées contenues dans les margarines, les viennoiseries ou les plats préparés sont dangereuses pour la santé et augmentent aussi bien le risque de maladies cardiaques que le risque de cancers.

En conclusion, je vous invite à consommer avec parcimonie les glucides (pain, pâtes, riz, gâteaux…) et à privilégier ceux à indice glycémique bas (patate douce, quinoa et riz sauvage), augmenter vos rations de légumes de saison crus et cuits, de fruits et à faire une place aux aliments riches en gras comme le saumon, le thon, les sardines,  les huiles de premières pression, les oléagineux, les avocats…

Bon appétit et prenez soin de vous.

Céline Duclos.

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